— Quoi d’étonnant, monsieur le vicomte ? répliqua-t-il, en me regardant bien en face. A peine arrivé, j’entends dire que l’on brûle un château. Je me suis mis à la disposition de M. le comte. Mais ces messieurs manquent de méthode, et ils refusent d’être conseillés.
— Ma foi, dis-je, ces procédés me paraissent un peu abusifs. Vous savez…
— Le château de M. de Marignac a été brûlé la nuit dernière, dit doucement le curé.
— Oh !
— Et nous en apprendrons d’autres, je le crains. Nous devons, je pense, regarder les choses en face, monsieur le vicomte.
— Il n’est pas question de penser ni de regarder, mais d’agir ! interrompit rudement le capitaine. Il nous reste devant nous tout un long jour d’été, mais si nous n’avons pas fait quelque chose d’ici ce soir, c’est une triste aurore qui se lèvera demain sur le Quercy.
— N’y a-t-il pas les troupes du roi ? dis-je.
— Elles refusent d’obéir. Elles sont par conséquent plus nuisibles qu’utiles.
— Et leurs officiers ?
— Ils sont fidèles ; mais haïs du peuple. Un chevalier de Saint-Louis est pour le peuple ce qu’est pour un taureau une étoffe rouge. Croyez-moi, ils ont assez à faire de maintenir leurs hommes dans les casernes, et de sauver leurs propres têtes.