Ce défilé, par bonheur, fut aussi bref qu’il était pénible. Nous longeâmes le côté nord de la cathédrale, et une petite porte nous donna accès dans un clos, où des citronniers tempéraient l’ardeur du soleil. La ville, avec sa foule et son bruit, nous parut aussitôt lointaine. Sur la droite s’élevaient les murs du chevet et les coupoles byzantines de l’église ; devant nous se dressaient les remparts ; à gauche, une vieille tour du XIVe siècle, à demi ruinée, levait un front sourcilleux revêtu de lierre. Au pied de cette tour, dans l’ombre, quatre personnes nous attendaient, réunies sur un espace de gazon ras.

L’un était M. de Saint-Alais ; le second, Louis ; les autres m’étaient inconnus. Soudain une pensée me frappa d’horreur.

— Avec qui vous battez-vous ? demandai-je tout bas.

— Avec M. de Saint-Alais, répondit le capitaine, sur le même ton.

Et comme nous arrivions auprès des autres, je n’en pus dire davantage. Ils firent quelques pas à notre rencontre et nous saluèrent.

— M. le vicomte ? dit Louis.

Je l’aurais à peine reconnu, tant il était grave et soucieux.

Je fis un signe machinal d’assentiment, et nous nous écartâmes de quelques pas.

— Il ne saurait être question d’arranger l’affaire, j’imagine ? dit-il, en s’inclinant.

— J’en doute, répondis-je, d’une voix altérée.