CHAPITRE PREMIER
LE MARQUIS DE SAINT-ALAIS

Nous arrivions sur la terrasse que mon père avait fait établir peu de temps avant sa mort, et qui se développait sous les fenêtres postérieures du château, entre le corps de logis et la nouvelle pelouse. Saint-Alais promena autour de lui un regard de dédain mal dissimulé.

— Qu’avez-vous fait du jardin ? me demanda-t-il, avec une moue de désapprobation.

— Mon père l’a mis de l’autre côté de la maison, répondis-je.

— On ne le voit plus ?

— Non. Il est derrière la roseraie.

— A la mode anglaise ! fit le marquis, en haussant les épaules avec un ricanement discret. Et vous aimez avoir toute cette herbe sous vos fenêtres ?

— Oui, cela me plaît.

— Tiens ! Et cette nouvelle plantation ? Elle vous cache le village, du château, ce me semble ?

— En effet.