— Non, dit-elle en relevant la tête avec fierté, je ne boirai pas !

— Oh ! oh ! s’écria-t-il avec un rire ignoble. Nous sommes donc une aristocrate ? Buvez quand même, ou bien nous vous ferons voir…

— Je ne boirai pas ! répliqua-t-elle, en lui opposant un courage hautain. Et de plus, quand M. de Géol arrivera tantôt, vous aurez des comptes à lui rendre.

L’homme prit un air déconfit.

— Vous connaissez le baron de Géol ? dit-il, changeant de ton.

— Je l’ai quitté au dernier village, et il doit me rejoindre ici ce soir, répliqua-t-elle froidement. Et je vous conseillerai, monsieur, de boire vos santés vous-même et de laisser les autres tranquilles. Car il n’est pas homme à ravaler une injure.

Le braillard haussa les épaules, pour cacher sa mortification.

— Oh ! alors, si vous êtes de ses amis, marmotta-t-il, en se disposant à regagner sa place, je suppose que tout va bien. C’est un brave. Il n’y a pas d’offense. Si vous n’êtes pas une aristocrate…

— Je ne suis pas plus aristocrate que M. de Géol, répondit-elle.

Et avec un léger salut, elle le laissa pour regagner l’alcôve.