— Et cependant il n’y a pas la moitié de nos cohortes qui aient répondu à l’appel.
— Les villages seront là dans la matinée, s’écria vivement un troisième. On va mettre en branle toutes les cloches d’ici au Rhône.
— Oui, mais si les Cévenols arrivent les premiers ? Que se passera-t-il, camarade ?
Personne ne sut que répondre, et tous restèrent aux aguets. Un bruit de pas qui se rapprochait dans le couloir leur fit rentrer la tête.
— C’est Petitot avec les clefs, dit le chef. Allons, monsieur !
Mais il se trompait. Le nouvel arrivant était un personnage de très haute taille, enveloppé d’un manteau, et le chapeau sur la tête, qui s’approchait à grands pas dans le corridor, suivi de trois ou quatre individus. Arrivé auprès de nous, il interpella :
— Est-ce que Buzeaud est ici ?
L’homme qui venait de parler s’avança respectueusement :
— Oui, monsieur, le voici.
— Prenez six hommes, les plus vigoureux que vous ayez en bas, répondit le nouveau venu (c’était Froment lui-même) et allez en chercher autant à la Vierge, pour barricader la rue qui longe les casernes et mène à l’arsenal. Vous trouverez facilement de l’aide. Occupez aussi quelques maisons, afin de commander la rue. Et…