«Ce troubadour fut amoureux de Phanette ou Estephanette de Romanin, dame dudit lieu, de la maison de Gantelmes, qui tenait de son temps cour d'amour ouverte et planière en son château de Romanin, près la ville de Saint-Remy, en Provence, tante de Laurette d'Avignon, de la maison de Sado, tant célébrée par le poète Pétrarque.»
A l'article de Laurette, on lit que Laurette de Sade, célébrée par Pétrarque, vivait à Avignon vers l'an 1341, qu'elle fut instruite par Phanette de Gantelmes, sa tante, dame de Romanin; que «toutes deux romansoyent promptement en toute sorte de rithme provensalle, suyvant ce qu'en a escrit le monge des Isles d'Or, les œuvres desquelles rendent ample tesmoignage de leur doctrine… Il est vray (dict le monge) que Phanette ou Estephanette, comme très excellente en la poésie, avoit une fureur ou inspiration divine, laquelle fureur estoit estimée un vray don de Dieu; elles estoyent accompagnées de plusieurs dames illustres et généreuses[246] de Provence, qui fleurissoyent de ce temps en Avignon, lorsque la cour romaine y résidoit, qui s'adonnoyent à l'estude des lettres, tenans cour d'amour ouverte et y deffinissoyent les questions d'amour qui y estoyent proposées et envoyées…
- «Jehanne, dame de Baulx,
- «Huguette de Forcarquier, dame de Trects,
- «Briande d'Agoult, comtesse de la Lune,
- «Mabille de Villeneufve, dame de Vence,
- «Béatrix d'Agoult, dame de Sault,
- «Ysoarde de Roquefueilh, dame d'Ansoys,
- «Anne, vicomtesse de Tallard,
- «Blanche de Flassans, surnommée Blankaflour,
- «Doulce, de Monstiers, dame de Clumane,
- «Antonette de Cadenet, dame de Lambesc,
- «Magdalène de Sallon, dame dudict lieu,
- «Rixende du Puyvard, dame de Trans.»
Nostradamus, page 217.
«Guillen et Pierre Balbz et Loys des Lascaris, comtes de Vintimille, de Tende et de la Brigue, personnages de grand renom, estant venus de ce temps en Avignon visiter Innocent VIe du nom, pape, furent ouyr les deffinitions et sentences d'amour prononcées par ces dames; lesquels esmerveillez et ravis de leurs beaultés et savoir, furent surpris de leur amour.»
Les troubadours nommaient souvent, à la fin de leurs tensons, les dames qui devaient prononcer sur les questions qu'ils agitaient entre eux.
Un arrêt de la cour des dames de Gascogne porte:
«La cour des dames, assemblée en Gascogne, a établi, du consentement de toute la cour, cette constitution perpétuelle, etc., etc.»
La comtesse de Champagne, dans l'arrêt de 1174, dit: