[255] Victor Jacquemont (ce jeune et spirituel écrivain, mort à Bombay le 7 décembre 1832) adressa à Beyle la lettre qu'on va lire; Beyle, après l'avoir fait mettre au net, envoya la copie à V. Jacquemont avec ce billet.

Mon cher colonel,

Il est impossible qu'en relisant ceci il ne vous revienne pas une quantité de petits faits, autrement dits nuances. Ajoutez-les à gauche sur la page blanche. Il y a une bonne foi qui touche dans ce récit que j'avais oublié. Il y a aussi quelques phrases inélégantes, que nous rendrons plus rapides. Si j'avais cinquante chapitres comme celui-ci, le mérite de l'Amour serait réel. Ce serait une vraie monographie. Ne vous occupez pas de la décence, c'est mon affaire.

J'ai trouvé excellent un avis de vous, de septembre 1824, sur la préface du elle est détestable.

Tempête.

24 décembre 1825

J'ai reçu beaucoup de lettres à l'occasion de l'Amour. Voici une des plus intéressantes.

Saint-Dizier, le juin 1825.

Je ne sais trop, mon cher philosophe, si vous pourrez appeler amour-vanité le petit calcul de vanité de la jeune Française que vous avez rencontrée l'été dernier aux eaux d'Aix-en-Savoie, dont je vous ai promis l'histoire; car dans toute cette comédie, très plate d'ailleurs, il n'y a jamais eu l'ombre d'amour; c'est-à-dire de rêverie passionnée, s'exagérant le bonheur de l'intimité.

N'allez pas croire à cause de cela que je n'ai pas compris votre livre; je m'en prends seulement à un mot mal fait.