Muni de son congé en bonne forme, écrit par lui et signé par le ministre, Lucien alla voir sa mère à laquelle il annonça une partie de campagne de quelques jours.
«—De quel coté? demanda-t-elle avec anxiété.
«—En Normandie, répondit Lucien qui avait compris le regard de sa mère.
Il avait bien eu quelques remords de tromper cette mère, mais sa question: De quel côté? avait achevé de les dissiper. Il écrivit ensuite un mot à son père et passa chez Mme Grandet qu'il trouva bien faible. Il fut très poli et promit de repasser dans la soirée.
Il partit pour Nancy, ne regrettant rien de Paris, et désirant de tout son cœur d'être oublié par Mme Grandet.
* * *
À la nouvelle de la mort subite de son père, Lucien revint à Paris[1].
Aussitôt débarqué, il passa une heure avec sa mère et alla ensuite au comptoir, où se trouvait M. Leffre, chef du bureau, homme sage à cheveux blancs, consommé dans les affaires.
Le vieillard lui dit, avant même de faire mention de la mort de M. Leuwen:
«—Monsieur, j'ai à vous parler de vos affaires. S'il vous plaît, nous passerons dans votre cabinet.