Avec une piété fidèle, j'ai reproduit ce manuscrit dans son intégralité. En supprimant certaines parties, en en abrégeant d'autres, on risque de diminuer l'œuvre et d'égarer soit les biographes, soit les critiques. Sur la foi de l'édition de Casimir Stryienski M. Arthur Chuquet, l'auteur de Stendhal-Beyle, s'étonne (page 5) que Stendhal ait à peine mentionné ses camarades d'enfance, et n'ait pas dit un mot de Crozet. Étonnement injustifié, surtout en ce qui concerne Crozet.
A dire vrai, les éditions de Casimir Stryienski, aussi bien celle de 1890 que celle de 1912, ont laissé beaucoup d'inédit dans le texte de la Vie de Henri Brulard, surtout dans la période de la formation intellectuelle du jeune Beyle. Elles sont souvent inexactes dans la lecture et ont même, une fois, ajouté au texte de Stendhal une réflexion de Romain Colomb.
Loin de moi la pensée d'en faire un grief à Casimir Stryienski. Son mérite est assez grand, et il a rendu trop de services aux fidèles de Stendhal, pour qu'on ne puisse lui pardonner des péchés, en somme, véniels.
Et, grâce à lui, cette Vie de Henri Brulard est bien autre chose qu'une banale réédition[35].
Henry Debraye.
[1] Par une erreur inconcevable, le premier feuillet a été relié avec le manuscrit R 5.886. tome XII, fol. 3.
[2] Nous ne pouvons, malheureusement, reproduire tous ces dessins. Mais on les trouvera décrits aussi minutieusement que possible dans les notes et, d'autre part, résumés en grand nombre, dans deux planches de la présente édition: Grenoble en 1793 et Plan de l'appartement du docteur Gagnon.
[3] Feuillet de garde, en tête du tome III du manuscrit.
[4] R .900, fol. 09 v° vl 70 v°.