Depuis ce grand courant dans mes idées, je ne travaille plus. 1er avril 1836.

Prose du 31 mars: Stabat mater, vieux couplets barbares en latin rimé, mais du moins absence d'esprit à la Marmontel. (Notes de Stendhal.)

[6] On gâte des sentiments si tendres à les raconter en détail.—Au verso du dernier feuillet (fol. 808), Stendhal a jeté rapidement les notes suivantes, relatives à son prochain voyage.

«Voyage: le bateau à vapeur jusqu'à Marseille. Acheter six foulards à Livourne et vingt paires de gants jaunes chez Gagiati, à Rome.

Suite, voyage: Absolument la malle-poste à Marseille, fût-ce celle de Toulouse et Bordeaux, pour éviter le dégoût de Valence et Lyon, Semur et Auxerre, de moi trop connus. Mauvais commencement.—Probablement, le détour de Florence, en arrivant à Livourne, ne me plaira pas.—Peut-être aller en Angleterre, du moins à Bruxelles, peut-être à Edimbourg.

Plan: profiter de mon temps dans le voyage de Paris. Dire jamais Omar bien changé. 2°, régime, pour éviter les soupers. Voir beaucoup M. de La Touche, Balzac, si je puis, pour la littérature; M. Chasles, un peu Levavasseur; mesdames d'Anjou (assidument), Tillaux, Tascher et Jules, Ancelot, Menti, Coste, Julie. C'est l'assiduité qu'il faut.—Si je restais à Paris, c'est dans les premiers deux mois que je puis fonder les salons du reste of my life.—Je ne sens de transport que pour Giul.—Un logement au midi, rue Taitbout. Qu'est-ce, pour trois mois, que 200 francs de plus en logement?»

Stendhal quitta Cività-Vecchia après le 5 mai 1836; le 16 mai, il était à Marseille, et il arriva à Paris le 25 mai. Il fit durer son congé trois ans, et ne rentra à Cività-Vecchia qu'en juin 1839.


[ANNEXES]