Tous les contes gais, exagérant la corruption et l'avidité des filles, que me faisaient les mathématiciens faisant fonctions d'amis autour de moi, me faisaient mal au cœur.

Ils parlaient des pierreuses, des filles à deux sous, sur les pierres de taille, à deux cents pas de la porte de notre chétive maison[10].

Un cœur ami, voilà ce qui me manquait. M. Sorel[11] m'invitait à dîner quelquefois, M. Daru aussi, je suppose, mais je trouvais ces hommes si loin de mes extases sublimes, j'étais si timide par vanité, surtout avec les femmes, que je ne disais rien.

Une femme? une fille? dit Chérubin. A la beauté près, j'étais Chérubin, j'avais des cheveux noirs très frisés et des yeux dont le feu faisait peur.

L'homme que j'aime, ou: Mon amant est laid, mais personne ne lui reproche sa laideur, il a tant d'esprit! Voilà ce que disait, vers ce temps, Mlle Victorine Bigillion à Félix Faure, qui ne sut que longues années après de qui il s'agissait.

Il tourmentait un jour sa jolie voisine, Mlle Victorine Bigillion, sur son indifférence. Il me semble que Michel ou Frédéric Faure, ou lui Félix, voulait faire la cour à Mlle Victorine.

(Félix Faure, pair de France, Premier Président de la Cour royale de Grenoble, être plat et physique usé.)

Frédéric Faure, Dauphinois fin, exempt de toute générosité, de l'esprit, mort capitaine d'artillerie à Valence.

Michel, encore plus fin, encore plus Dauphinois, peut-être peu brave, capitaine de la garde impériale, connu par moi à Vienne en 1809, directeur du dépôt de mendicité à Saint-Robert, près Grenoble (dont j'ai fait M. Valenod dans le Rouge).