Son valet qui le fit cocu.

Il chassa sa femme, et ne voulut point reconnoître le fils dont elle accoucha. Il l'a reconnu depuis, mais long-temps après. Cette femme jusque là vécut de carottes à Montreuil-Belay en Anjou, pour épargner quelque chose à son enfant. Jusqu'à cette heure elle demeure chez lui en Anjou, où il va quelquefois; mais elle ne vient point à Paris. Il a le malheur d'avoir un sot fils. A propos de cela, M. de Guise, comme ils dînoient ensemble, lui ayant dit: «Qu'y a-t-il entre un cocu et un autre?—Une table,» répondit-il, car ils n'étoient pas de même côté. Comme les trois frères de Luynes commençoient à s'établir, on dit à Bautru: «Mais il faut leur porter respect.—Pour moi, dit-il, s'ils me traitent civilement, je dirai: M. de Brante, M. de Luynes, M. de Cadenet; autrement je dirai Bran de Luynes et Cadenet,» en changeant le t en d, ce qui ne se remarque pas quasi en prononçant.

Bautru, s'étant défait de sa charge, se mit à suivre la cour. Le maréchal d'Ancre l'aimoit; et s'il n'eût point été tué, il lui alloit faire une affaire qui lui eût valu dix mille écus de rente.

J'ai déjà dit ailleurs qu'il étoit à la drôlerie du Pont-de-Cé. Quelqu'un qui estimoit fort un M. de Jainchère, qui avoit quelque emploi en cette guerrette, lui dit: «Qu'est-ce qui est plus hardi que Jainchère?—Les faubourgs d'Angers, répondit-il, car ils ont toujours été hors la ville, et lui n'en est pas sorti.»

Il dit à la Reine-mère que l'évêque d'Angers étoit saint, et qu'il guérissoit la v...... L'évêque le sut, et s'en plaignit: «Eh! comment l'aurois-je dit? dit Bautru, il en est encore malade.»

Jouant au piquet à Angers contre un nommé Goussaut, qui étoit si sot, que pour dire sot on disoit Goussaut, Bautru vint à faire une faute, et, en s'écriant, dit: «Que je suis Goussaut!—Vous êtes un sot, lui dit l'autre.—Vous avez raison, répondit-il; c'est ce que je voulois dire.»

Il disoit à mademoiselle d'Auchy, fille d'honneur de la Reine-mère: «Vous n'êtes pas trop mal fine, avec votre sévérité. Vous avez si bien fait, que vous pourrez, quand vous voudrez, vous divertir deux ans sans qu'on vous soupçonne.»

M. d'Effiat le prit en amitié, et c'est de là, bien plutôt que du cardinal de Richelieu, que vient sa richesse. Bautru étoit bon courtisan, ou bon bouffon, si vous voulez; de mœurs, et de religion fort libertin, et tel, que M. d'Orléans lui écrivoit toujours: Au petit b...... Il étoit petit, mais bien fait.

Le marquis de Borbonne, un seigneur qui n'avoit point de réputation pour la bravoure, lui donna des coups de bâton; je n'ai pu savoir pourquoi. Il en fit un vaudeville, où il y avoit:

Borbonne