[330] Ménage s'accorde entièrement avec le biographe de Costar. Voici ce qu'on lit dans le Menagiana: «Après avoir obligé M. de Girac à écrire en latin contre les lettres de Voiture, M. de Balzac engagea aussi M. Costar à prendre la défense de Voiture et à écrire contre M. de Girac; c'étoit pour s'attirer des louanges de l'un et de l'autre côté. Je passois par Le Mans pour revenir à Paris, dans le temps que la Défense fut achevée. M. Costar m'en donna deux exemplaires, l'un pour être envoyé à M. de Pinchesne, neveu de M. de Voiture, et l'autre à M. Conrart. Il me dit qu'il se soumettroit volontiers à tous les changements qu'on y voudroit faire, soit qu'on voulût y ajouter ou retrancher. Une des copies fut communiquée à M. de Balzac, qui envoya des corrections. Cependant l'ouvrage s'imprima, et parce que ses corrections arrivèrent dans le temps que l'impression fut achevée, on lui manda qu'elles étoient venues trop tard, et le livre parut tel qu'il étoit, dont il eut quelque chagrin.» (Menagiana, éd. de 1715, t. 1er, p. 309.)
[331] Balzac prit fort mal cette publication. Il écrivit à Conrart: «Je ne comprends point ce qu'a fait le neveu de M. de Voiture, sans en parler à personne, sans vous en donner avis, sans savoir si Le Mans et Angoulesme le trouveroient bon...... Quel droit a-t-il de publier un ouvrage composé par Costar et adressé à Balzac? Et qui lui a dit que Balzac n'usera point du pouvoir que Costar lui donne de changer, de rayer ce qu'il lui plaira de cet ouvrage, et de supprimer mesme l'ouvrage, si bon lui semble?.... Vous pouvez penser que je ne suis envieux ni de la gloire de M. de Voiture, ni de celle de M. Costar, ni de celle de votre très-humble serviteur, qui trouve, comme vous dites, son panégyrique dans la Défense de son ami.... L'impression d'un excellent livre ne doit pas être un larcin, ne doit pas être une action de surprise, une action de ténèbres et de nuit. Il faut donc avant toutes choses avoir des nouvelles de M. Costar....., etc.» (Lettre du 16 juin 1653; Œuvres de Balzac, t. 1er, p. 976.)
[332] Toussaint Rose, secrétaire de Mazarin, ensuite secrétaire particulier de Louis XIV, dont il avoit la main, président à la Chambre des comptes de Paris, et membre de l'Académie françoise, parce que cette compagnie lui dut l'honneur de haranguer le Roi, mourut en 1701.
[333] On lit dans le Menagiana: «La Défense de M. de Voiture lui acquit (à Costar) une grande réputation, parce qu'on la trouvoit mieux écrite que les lettres de M. de Balzac et que celles de Voiture, de qui il prenoit le parti. Cela fut cause que M. le cardinal Mazarin lui fit écrire par M. Colbert qu'il lui donnoit une pension de cinq cents écus, et le chargeoit de lui dresser un rôle des personnes de lettres. J'y travaillai pendant trois mois, parce qu'il s'en rapporta à moi, qui avois plus d'habitude que lui à Paris, et plus de connoissance de ceux qui étoient dans les provinces. Cela ne produisit rien pour lors; mais M. Colbert, quelques années après, fit des libéralités non-seulement aux personnes de lettres de France, mais encore aux étrangers.» (Menagiana, éd. de 1715, t. 1er, p. 290.) Il est singulier que l'auteur de la Vie de Costar ne parle pas de cette circonstance. On a imprimé dans la Continuation des Mémoires de littérature et d'histoire (par le père Desmoletz, Paris, 1726; t. 2, 2e partie, p. 317) un Mémoire des gens de lettres célèbres de France, par M. Costar. Cet ouvrage paroît avoir été fait avec Ménage. Si ce dernier y a eu part, il n'y a pas fait preuve de modestie, car voici comment il y est placé: «Les plus savants en beaucoup de choses et les plus universels sont: Bignon, avocat général.... etc. Ménage. On lui feroit injustice si on ne le mettoit pas immédiatement après cet excellent homme, car il est un second prodige de science.» (Page 332.) Costar n'est pas même nommé dans cette nomenclature. On a de Chapelain un Mémoire de quelques gens de lettres vivants en 1662, imprimé en 1726 dans les Mémoires du P. Desmoletz, t. 2, première partie, p. 21, et dans les Mélanges de littérature tirés des lettres de Chapelain, p. 181. La Société des Bibliophiles françois a publié en 1826 les Gratifications faites par Louis XIV aux savants et hommes de lettres depuis 1664 jusqu'en 1679. Ces dons ont été faits par les mains de Colbert, d'après les renseignements qui se trouvoient dans les deux Mémoires que l'on vient de citer.
[334] Voyez la lettre 68e de Costar, p. 172 de la 1re partie de ses Lettres.
[335] L'aveu est naïf. Les fades éloges dont regorgent les lettres de Costar étoient en raison des services qu'il pouvoit attendre de ceux auxquels il les adressoit.
[336] Il étoit chanoine de l'église d'Angers et chancelier de l'Université de cette ville. (Lettres de Costar, p. 637.)
[337] Lettre à Conrart, du 3 mars 1653. (Œuvres de Balzac, t. 1er, p. 967.)
[338] Ainsi voilà Costar déclaré faussaire par son apologiste!
[339] En envoyant l'Apologie au surintendant Fouquet, Costar ne manqua pas de dire qu'on avoit fait imprimer ce petit travail sans attendre son consentement. Il n'y a pas de ruses de charlatan que Costar n'ait mises en usage. (Voyez ses Lettres, p. 71.)