Capperonnier, administrateur,
Van Praet, conservateur des Imprimés,
Langlès, La Porte du Theil, Legrand d’Aussy, conservateurs des Manuscrits,
Millin, Gosselin[50], conservateurs des Médailles,
Joly, conservateur des Estampes.
Les conservateurs formaient sous la présidence de l’administrateur un conseil purement consultatif. Les principes contenus dans cet arrêté ont été reproduits dans le décret organique de 1858, qui régit aujourd’hui la Bibliothèque nationale.
La mort de Legrand d’Aussy, arrivée le 15 frimaire an IX, appela aux fonctions de conservateur des manuscrits en langue moderne, Dacier, membre de l’Institut, et le 4 janvier 1806, Dacier fut nommé administrateur de la Bibliothèque. C’est lui qui en cette qualité eut, en 1814 et en 1815, le triste devoir d’exécuter les ordres de restitution des alliés, commandant en maîtres dans Paris.
La Prusse fut la première à réclamer en 1814; elle demanda la restitution de la collection de médailles romaines et des pièces dites bractéates qui avaient été rapportées de Berlin en 1806. Le 1er octobre les commissaires prussiens, Bussler, conseiller aulique, et Henry, bibliothécaire du roi de Prusse, signèrent un reçu de 8,465 pièces. Le 29 décembre, la Bibliothèque rendit les quelques volumes enlevés à Potsdam parmi lesquels se trouvaient les tomes II et III des œuvres de Voltaire annotés de sa main. Le commissaire de l’Autriche, le baron Ottenfels se fit également restituer les volumes manuscrits rapportés de Vienne en 1809.
Le 2 septembre 1815, les manuscrits de Wollfenbüttel furent remis au grand chambellan du duc de Brunswick, et le 6 du même mois on livra aux commissaires prussiens les diplômes, bulles, etc., venus d’Aix-la-Chapelle et de diverses villes de la Belgique. Le 9 septembre, la Bavière reprit les imprimés, manuscrits et estampes enlevés aux bibliothèques de Munich, de Nuremberg, etc.
Ensuite ce fut le tour de l’Italie. Le 27 septembre, le général prussien de Müffling, gouverneur de Paris, demanda, au nom de l’empereur d’Autriche, le manuscrit de Virgile qui avait appartenu à la Bibliothèque Laurentienne à Florence. «Vous m’obligerez, écrivait-il à M. Dacier, en me dispensant de prendre des mesures ultérieures.» Dacier crut devoir en référer au ministre de l’Intérieur. «Vous ne devez céder qu’à la force, répondit M. de Barante, ou du moins à une démonstration suffisante qu’elle sera employée.»