Des effluves mystiques l’enveloppèrent. Silence. Une lueur mauve auréolait la cassolette ardente où fumait de la myrrhe. Derrière, Galatée, à peine visible, flottait dans une nuée lilas, comme une déesse aux membres de rose.
Vivait-elle donc ?
Il s’arrêta. Une angoisse, tout à coup l’accablait : — trop impossible, ce miracle ! — Il se laissa tomber sur le lit de fourrures.
Elle était immobile, dans son habituelle pose de l’Hermaphrodite, ses longs cheveux d’or dénoués et pendants comme il les avait laissés le matin.
— « Sainte Aphrodite ! exauce-moi ! Sainte Aphrodite ! exauce-moi ! » répétait-il, tout grelottant d’amour et d’une terreur sacrés.
La myrrhe grésillait doucement. Par intervalles, des bouffées de sirocco apportaient la rumeur de la ville mêlée aux bruit confus de la mer.
— « Sainte Aphrodite ! exauce-moi ! »
Mais la statue, comme une déesse aux membres de rose, reposait impassible sur sa nuée d’hyacinthe.
Désespérément, alors, il se leva, marcha vers elle ; et, plein de sanglots, laissa tomber son front brûlant, pour l’y rafraîchir, sur les beaux seins d’ivoire…
Un cri affolé, de terreur et de joie : son front avait touché une souplesse tiède, l’élasticité de la chair vivante !