Un murmure d’étonnement, une approbation chuchotée enveloppa les rythmiques paroles : — Il adore Vénus ! — Il n’est plus chrétien ! — Il abjure !… Et une clameur supplicatrice tonitrua vers l’Empereur, impassible derrière son monode de rubis : — Qu’ils vivent ! les grilles ! les grilles !

César leva le pouce. Il faisait grâce. Et, l’ordre transmis aux machinistes, la grille circulaire monta de sa rainure, pour isoler le tertre… Mais, juste alors, le lion bondit et s’enferma dans l’enceinte.

Après un soupir d’horreur, l’angoisse haleta, muette.

Caïus aperçut enfin le fauve, qui flairait, surpris, les barreaux de sa nouvelle prison. Mais ses yeux revinrent fascinés, au visage d’Apollinia, qui se transfigurait en ondoyantes effigies de beautés surhumaines.

Elle, éperdue, ignorante de la Cuve argéenne, planait en plein Amour, au chaud soleil d’une autre planète infiniment heureuse… Leurs lèvres unies burent un premier baiser aux sources mêmes de la Béatitude.

Mais leurs vêtements les gênaient.

— « Soyons nus », dit-elle.

Et l’ancienne courtisane donna l’exemple du sublime délire. Tous deux furent nus, dans la lumière, statues de grâce, Couple idéal, chair dorée enlacée aux blancheurs féminines.

Dans le silence, un grincement de poulie, au vélum manœuvré, passa, là-haut, comme un cri d’hirondelle.

— Je t’aime, ô mon Caïus ; je t’aime à jamais. J’étais folle, avec leur Christ. C’est Toi que j’aime, depuis toujours. Je suis à Toi ; prends-moi ; je te suivrai, jusqu’en enfer.