Le signor ingénieur en chef était un fort brave homme qui me témoigna beaucoup d'intérêt, mit tous ses bureaux à ma disposition et me fournit beaucoup de renseignements sur les travaux du port de Venise, dont il s'occupait particulièrement.

Il me donna beaucoup de documents imprimés, plans devis, cahiers des charges employés dans son service, et je pus constater que les Italiens avaient précieusement conservé toutes les traditions de ce qui avait été établi par les ingénieurs des Ponts et Chaussées français, à l'époque où la Lombardie nous appartenait par droit de conquête, ou peut-être simplement par conquête.

Le matin de mon arrivée, un gondolier m'avait fait ses offres de service sur le quai des Esclavons. Pour la somme de 3 francs par jour, pour lui et sa gondole, il me servit de gondolier et de guide pendant tout mon séjour, soit dans les canaux, soit dans les rues de Venise.

Mon temps était très limité; je ne pouvais y passer que trois jours; c'était assez pour voir l'extérieur de la ville, mais pas assez pour voir l'intérieur des palais et leurs collections. Mais on ne verrait que Saint-Marc et le Palais des Doges que ce serait assez.

Dans toutes les villes étrangères que j'ai visitées, il y en a deux qui ont un cachet particulier, mais bien différent, qui les distingue de toutes les autres: Venise, et Edimbourg dont je parlerai plus tard; toutes deux m'ont laissé un profond souvenir.

Je retrouvai ma mère assez bien pour continuer notre voyage; nous étions déjà en Italie, mais nous n'avions pas encore retrouvé la chaleur. Pendant tout mon séjour à Venise, je n'avais pas quitté mon manteau.

Notre projet était de conduire ma mère à Florence, où elle devait séjourner quelque temps.

Nous trouvâmes à Vérone, un voiturin de retour qui, pour un prix modéré, se chargeait de nous transporter à Florence (80 ou 100 francs). Dans le prix du voyage, tout était compris, le transport, le logement et la nourriture dans les auberges où nous devions coucher, au sommet des Apennins et ailleurs.

La voiture avait quatre bonnes places d'intérieur.

Le conducteur nous dit qu'un autre voyageur était disposé à venir avec nous, si nous voulions l'admettre, et que naturellement, il payerait un quart de la dépense.