CHAPITRE VI

Souvenirs d'Angleterre et d'Écosse (1844).

nfin nous sommes arrivés au dernier des voyages avant l'établissement complet des chemins de fer, dont j'ai annoncé le récit.

Je dis enfin! pour vous lecteurs, car jamais je ne me lasse de penser à ceux que j'aimais autrefois, que j'aime encore, dont je raconte l'histoire; pour moi, c'est une manière de revivre avec eux. Tous m'ont quitté depuis longtemps, et j'espère que dans l'autre monde où ils nous attendent, ils m'approuvent d'essayer de perpétuer leur souvenir chez leurs descendants.

Et puis, la lecture des journaux qui nous disent l'histoire d'aujourd'hui est si navrante, que j'aime mieux, autant que cela m'est possible, me rajeunir dans le calme du passé, que de vieillir dans l'agitation si triste et si stérile du présent.

À la fin du chapitre V, j'étais rentré à Clermont pour reprendre paisiblement mon service et ma vie de province, qui, soit dit entre nous, ne manquait pas de charme (sous le nom de province, je désigne les villes, petites ou moyennes, qui permettent une intimité difficile dans les grandes, surtout maintenant).

Avant d'aller en Angleterre en partant de Paris, pour être un historien correct, je dois dire comment j'y étais arrivé.

Ma famille était venue s'y fixer au commencement de 1840, et j'avais demandé au Ministère de quitter l'Auvergne pour me rapprocher d'elle.