Près d'Hyde Park (Hyde Park corner), se trouvait une exposition chinoise (Chinise Exhibition). On entrait dans un vaste bâtiment complètement chinois, par la décoration et l'ameublement. À droite et à gauche de la galerie principale, comme les chapelles dans nos églises, se trouvaient de grandes pièces séparées contenant des personnages de grandeur naturelle, habillés de vêtements chinois, occupés aux différentes fonctions ordinaires de leur pays, entourés de tous les meubles et ustensiles qui leur sont propres. Il est probable que cela n'existe plus, au moins sur le même emplacement.

Londres a beaucoup de squares, chose presque inconnue dans nos grandes villes. Ce qui peut en donner une idée, c'est à Paris, la place Royale; les jardins qui se trouvent ainsi au milieu des places ne sont pas des jardins tout à fait publics; ils sont réservés à l'usage des habitants des maisons qui les bordent.

Il y en a cependant de publics; un des plus beaux est Trafalgar-Square, où l'on voit une colonne monumentale en l'honneur de l'amiral Nelson.

Belgrave-Square est un des plus beaux quartiers; il est difficile, avec nos habitudes françaises, de faire comprendre l'aspect que présentent ces aristocratiques hôtels et le luxe avec lequel ils sont tenus. Ils sont loin de la cité; c'est-à-dire loin du centre des affaires et du grand mouvement de la circulation. On ne voit point de boutiques dans le voisinage.

De temps en temps, un magnifique équipage venait s'arrêter au bas d'un perron; la porte de l'hôtel s'ouvrait, et deux laquais en grande livrée déroulaient un tapis sur toutes les marches de l'escalier; quand cette opération de la pose des tapis était terminée, et ce n'était pas long, une ou plusieurs belles dames descendaient de la voiture, et le tapis était relevé derrière elles avec la même rapidité; la porte se refermait, la voiture partait et tout rentrait dans le silence.

Derrière ces splendides demeures, il y a des rues secondaires, qui sont destinées aux écuries et au remisage des voitures.

C'est à Belgrave-Square qu'était logé Henri V, lorsqu'en 1843 il reçut la visite des députés français qui allèrent publiquement lui porter l'hommage de leur fidélité et de leur dévouement et furent si glorieusement flétris; de ce nombre était le célèbre Berryer; ils donnèrent leur démission et furent immédiatement réélus.

Toutes les affaires sont concentrées dans ce qu'on appelle la Cité, c'est-à-dire le centre de la ville et les quartiers voisins.

C'est là que se trouvent tous les comptoirs, les magasins, les cafés, les hôtels, les boutiques, les administrations publiques, mais ce n'est pas là qu'on habite.

Au lieu de faire comme nous dans nos grandes villes, c'est-à-dire de nous entasser les uns au-dessus des autres, dans de vastes maisons à six étages, les Anglais préfèrent se loger plus loin de leurs affaires et avoir chacun leur maison.