La maison anglaise ordinaire se compose d'un bâtiment à trois étages au plus, y compris le rez-de-chaussée, qui s'élève de quelques marches au-dessus du sol. Entre la maison et la rue se trouve une petite cour basse, qui donne de l'air et du jour au sous-sol contenant la cuisine et les dépendances. Cette petite cour a une entrée directe sur la rue pour le service.
On arrive de la rue à la porte du rez-de-chaussée, par un petit escalier porté sur une voûte, qui traverse la cour basse; la longueur de cette cour est celle de la façade de la maison; sa largeur est de 3 mètres environ.
Au rez-de-chaussée se trouvent le parloir et la pièce où l'on mange; les étages supérieurs sont pour les chambres à coucher où l'on ne reçoit personne.
On dit même que les lits, découverts le matin, ne se font que le soir, afin de les mettre à l'air pendant toute la journée.
Ces maisons n'ont en général que trois fenêtres de façade; il va sans dire qu'il y en a de plus grandes; mais elles sont toutes à peu près sur le même type, avec petite cour devant, éloignant le voisinage direct de la rue. La cour basse est séparée de la rue par une petite grille en fer posée sur un parapet en maçonnerie.
Avec cette disposition qui place les familles loin des marchés et des boutiques, la vie serait difficile, si les fournisseurs ne portaient pas à chacun tout ce qui est nécessaire pour le ménage, à peu près du reste comme cela se fait en France, lorsque nous sommes à la campagne, près des grandes villes.
Les services des eaux, du gaz et des égouts sont admirablement entendus.
Depuis longtemps les fosses d'aisances sont supprimées dans toute la ville de Londres; tout se rend directement aux égouts qui sont lavés largement. À la sortie de la ville, les eaux sont reprises et utilisées pour l'arrosage et la fertilisation de vastes étendues de terrains, à une assez grande distance.
Quand j'ai fait ce voyage, je portais la barbe entière comme je la porte aujourd'hui, avec cette différence qu'elle était brune; personne alors en Angleterre ne la portait ainsi. Dans les rues, on voyait très peu de Français; on me regardait comme une curiosité. Souvent des jeunes filles ne pouvaient pas s'empêcher de se retourner en riant; j'étais bien loin de m'en offusquer, nous en rions aussi de notre côté; n'était-ce pas ce qu'il y avait de mieux?
Nous avons fait quelques excursions dans le voisinage. Nous avons visité en détail Hampton-Court, où l'on conservait de très beaux cartons de Raphaël.