Autrefois la Marina ou le port était le rendez-vous des voitures, il y en avait à peine vingt dimanche et le temps était beau. (Aujourd'hui Messine est reconstruite entièrement à neuf.)
4 mars.—Ayant été content de mes sept marins maltais, je les ai arrêtés de nouveau pour me ramener à Naples dans leur esperonnade, en passant par Reggio.
Nous partons à neuf heures du matin et nous traversons le détroit en deux heures. Cette ancienne ville a été si complètement détruite par le tremblement de terre de 1783, que l'on s'est décidé à tout raser pour faire une ville neuve sur le plan de Turin, mais ce plan ne s'exécutera pas de sitôt, faute d'argent.
En attendant, les riches habitants se sont retirés dans leur terre, et d'autres ont bâti de fort jolies baraques en dehors de la ville.
Les pauvres se sont logés comme ils ont pu, c'est-à-dire fort mal, car la misère est encore plus grande à Reggio qu'à Messine.
On y compte 12,000 habitants. (On en compte 35,000 aujourd'hui dans la nouvelle ville, 1888.)
Le pays produit des soies, des limons et de l'essence de bergamotte.
Après avoir dîné chez M. Cimino, je voulais partir, mais le temps était orageux; il n'était pas prudent de passer le Phare pendant la nuit. (Le Phare est un des noms du détroit de Messine.)
Il fallut donc rester, ce qui m'a permis de bien voir la ville qu'on commence à rebâtir, ainsi que les environs.
La situation de Reggio est des plus agréables, la vue est charmante.