Elle s'étend sur le Phare, Messine, le mont Gibel et une grande partie de la Sicile. Sans les tremblements de terre, ce serait un délicieux séjour. La chaleur de l'été est tempérée par les courants d'air du détroit.

Deux légers tremblements de terre, le 29 janvier et avant-hier 2 mars, ont été ressentis de même qu'à Messine; étant à la campagne, je ne m'en suis pas aperçu.

5 mars 1788.—Nous quittons Reggio à cinq heures du matin, par un temps couvert, nous passons en vue de Messine, nous traversons le Phare, nous étions en dehors du détroit à dix heures.

Comme il faisait du vent et que la mer était grosse, j'ai pu observer les courants qui rendent ce passage difficile dans les gros temps; mais pourtant pas autant qu'on le dit, il n'y a rien à craindre pour de bons pilotes.

Nous avons passé devant Scylla, ville qui a souffert aussi beaucoup des secousses de 1783, qui lui ont fait perdre un tiers de ses habitants. Bagnera de même.

Là, des montagnes se sont écroulées, des fleuves out disparu; ailleurs, des lacs se sont formés, sur toute la côte de Calabre, on voit des traces de cet affreux cataclysme.

Le temps étant toujours sombre, et la mer forte, à la tombée de la nuit, nous avons pris terre à Tropea. Cette ville, à la cime d'un rocher fort escarpé, se trouve bien délabrée; il y a plusieurs couvents et peu d'habitants.

6 et 7 mars.—Le vent contraire ayant continué, nous n'avons pas pu partir. Je suis réduit à faire de grandes promenades pour me désennuyer. J'ai parcouru le pays aux environs; il est bien cultivé, quoique les habitants paraissent fort misérables.

Le vent d'ouest est fort et la mer toujours grosse, ce qui me donne peu d'espoir de quitter cette côte, même demain samedi.

Une autre barque venant de Messine, se trouve dans le même cas; il y a dedans un moine et un chanoine, qui ne me paraissent pas d'une grande ressource.