Une fois l'élan donné, d'autres imitèrent J.-B. Dugas; partie de Saint-Chamond au commencement de ce siècle, l'industrie des rubans s'est propagée dans tout le département de la Loire, et particulièrement à Saint-Etienne, où elle a fait la prospérité du pays.
Le fait de l'importation en France de la fabrication des rubans, par J.-B. Dugas, généralement oublié aujourd'hui, fut si bien constaté à son origine, que Louis XVI lui donna des lettres de noblesse à titre de récompense nationale.
Comme il n'eut qu'une fille de son mariage avec Mlle Balas et que d'un second mariage avec Mlle Royer de la Batie il n'eut point d'enfant, ses lettres de noblesse tombèrent en quenouille et furent négligées.
Après avoir gagné une jolie fortune, il prit sa retraite à la campagne, non loin de Lyon, entre Givors et Mornant, au château de Chassagny, qu'il avait acheté de la famille Ravel de Montagny, vers 1785.
J.-B. Dugas, devint alors seigneur de Chassagny, jusqu'en 1789, comme l'avait été avant lui Louis Dumarest, échevin de Lyon en 1735 (ces renseignements sont tirés des anciens almanachs officiels de Lyon).
Le vieux château de Chassagny, de forme carrée, avec cour intérieure entourée de portiques, conserve encore l'aspect de son ancienne origine.
Il était ceint de fossés profonds, qui subsistent encore de trois côtés; on voit sur la façade de l'entrée principale, toutes les anciennes dispositions d'un pont-levis, remplacé par un pont fixe; c'est au premier étage, au-dessus de l'entrée que se trouve la chapelle.
On lit encore sur le couronnement de la porte, la date de 1570, avec cette inscription latine: Porta patens esto; nulli claudaris honesto, qu'on peut ainsi traduire: Sois porte ouverte à deux battants, ne te referme qu'aux méchants.
Aux deux angles de la façade principale, s'élèvent deux grosses tours rondes; dans celle du levant, au premier, se trouvait la bibliothèque; aux angles opposés, on voit encore les traces de deux tourelles en encorbellement.
L'orage de la révolution commençait à gronder; par prudence, J.-B. Dugas qui avait en 1789 perdu son titre de seigneur, fit démolir les tourelles et raser la partie supérieure des grandes tours, que l'on pouvait apercevoir de la route de Saint-Etienne.