SCÈNE PREMIÈRE.

Canoua, chef des brahmes, assisté de brahmalcharis, est en prière devant le temple. Une flamme brille sur l'autel, la fanfare et le bruit d'une chasse se font entendre, des profanes ont pénétré dans la forêt. Canoua éteint la flamme, et envoie un brahmatchari voir qui est assez hardi pour troubler la retraite et les dévotions des saints ermites.

SCÈNE II.

Le roi Douchmanta, à cheval, un arc à la main, suivi de chasseurs, fait son entrée; il a été entraîné à la poursuite d'une antilope, et son intention n'est pas de violer l'enceinte consacrée à Brahma. Il descend de sa monture, relève avec bonté Canoua qui a fléchi le genou devant lui, et renvoie ses courtisans; lui-même, il veut prier devant l'autel, et dépouille ses ornements royaux par humilité.

SCÈNE III.

Douchmanta, resté seul, s'incline et offre des fleurs et des fruits sur l'autel; mais il se relève bientôt avec curiosité. Des sons harmonieux annoncent l'arrivée de personnages plus aimables que les mounis et les richis (ascètes). Pour les voir sans être vu, et ne pas les gêner de sa présence, il cherche une cachette et la trouve dans le temple.

SCÈNE IV.

Les jeunes filles qui desservent le temple et soignent les fleurs de la forêt sacrée apparaissent portant des vases qu'elles vont remplir d'eau; Suconntalâ, fille de la nymphe Ménaca et de Wisaoumitra, élevée par les soins de Canoua, le chef des brahmes, entre en dansant et reçoit les salutations affectueuses de ses compagnes.

Elle va, penchant sur les fleurs des madhavis et des sirichâs les urnes que lui présentent ses amies Priyamwada et Anousouya. Tout à coup, du calice d'une malicâ s'élance une abeille qui voltige autour de la jeune fille, la prenant pour une autre fleur. Sacountalâ, redoutant l'aiguillon de l'abeille, cherche à l'éviter ou à la chasser.

Ses bonds effrayés la conduisent près du temple, d'où sort Douchmanta, qui fait fuir l'abeille et retient sur son coeur Sacountalâ palpitante. De sa retraite, le roi a observé les grâces de la jeune fille, et il sent l'amour s'emparer de son âme.