Quels sont les attributs et les ustensiles qui doivent orner la chambre d'une putain?
Réponse.
Elle doit avoir derrière son miroir deux bonnes verges, l'une ornée d'un ruban rose, et l'autre bleu. Aujourd'hui que tout est à la patriote, que l'on fout même patriotiquement, il suffit d'un ruban aux trois couleurs.
Dans les tiroirs de sa commode il doit y avoir des martinets, des disciplines de cordes à petits nœuds, et d'autres armées d'épingles; elle doit avoir aussi des lisières et des cordons de résistance; à côté de sa cheminée doivent se trouver, dans une petite armoire, plusieurs capotes anglaises; les peintures licencieuses, les estampes les plus voluptueuses et les plus lubriques doivent entourer son lit; plusieurs glaces opposées l'une à l'autre doivent servir à répéter les attitudes du plaisir.
Demande.
Quels usages doit faire une fille de joie de tous ces petits meubles?
Réponse.
Lorsqu'il se présente chez elle quelques fouteurs à la glace, qui démontrent par l'attitude paresseuse de leur pine leur impuissance, ou un épuisement de force, la putain, après avoir tenté les voies ordinaires, voyant que l'exercice de sa main ne peut rendre à ce vit son front et sa majesté, doit recourir aux remèdes violents, il en est de très opératifs; voyant donc qu'elle ne peut, ou faire bander, ou faire décharger son jean-foutre, elle se saisit d'une bonne verge, et commence d'abord par lui en appliquer une trentaine de coups sur le gros des fesses; si cet essai ne produit pas un meilleur effet, les martinets, les disciplines épinglées doivent être employés.
Il est même quelquefois de l'astuce et de l'adresse d'une putain de deviner le caprice de certains hommes qui, bien qu'ils bandent naturellement, et déchargeraient sans le secours administratif de ces sortes de remèdes, trouvent néanmoins une jouissance plus sensuelle à se faire fouetter; les abbés surtout ont une propension plus décidée pour la fustigation; il en est qui se font lier et garrotter de part en part, et qui ne sont satisfaits que lorsqu'une putain leur a macéré et écorché le cul, jusqu'au point d'en faire ruisseler le sang le long des cuisses[2].
[ [2] Parmi les bizarreries de caprices dont la fouterie est susceptible, il est bon de rapporter le fait suivant; je le tiens de la putain à qui cette scène comique est arrivée. Voici comme elle me l'a conté.