Je rentrais chez moi, où nulle compagne ne m’attendait. Et le désir de solitude que j’avais eu là-bas, dans le bruit de la foule, tout à coup me pesa. Je savais trop ce qui m’attendait chez moi: tous ces regrets que j’étais allé réveiller sous l’Arc de Triomphe, ils me tiendraient impitoyablement, tous ces regrets d’amis perdus, de frères perdus, de beaux souvenirs perdus, que traînent les hommes de mon âge. Chez moi, je serais tout à eux. Ailleurs, il y avait autre chose.

Je n’avais plus hâte de rentrer chez moi. Pour une femme aperçue qui se hâtait, elle, vers son bonheur?

Son bonheur?

—Marthe...

Un nom m’ouvrait les lèvres.

Puis, aussitôt, et plus fort:

—Maurice...

Je m’arrêtai.

Je regardai autour de moi. Non, on ne m’avait pas entendu prononcer tout haut le nom de mon ami Maurice.

—Maurice?