En même temps, il nous indique, sur la carte déployée devant lui, l’emplacement exact de notre tranchée. Il continue:

—Par qui?

... Avez-vous eu beaucoup de pertes?

... Beaucoup de prisonniers?

... A quel effectif étiez-vous?

... Avez-vous beaucoup de réserves devant Verdun?

Ils savent que nous ne répondrons que ce que nous voudrons laisser perdre et que nous ne leur livrerons rien qui puisse leur être utile. Le vieil oberst aux yeux vides semble bien ne nous interroger que pour la forme.

Là-dessus, il est embarrassé. Il nous demande si nous avons faim et si nous avons soif. Il nous offre du café, du cognac, des cigares. Et il ne peut se retenir de nous poser la question que nous attendons:

—Croyez-vous que nous prendrons Verdun?

C’est leur grande inquiétude nationale.