— Mais ce ne sont pas des horreurs ! ripostai-je. Assurément, tout, dans ce livre, n’est pas pour tout le monde. Mais écoutez ceci !

Je ne sais quelle audace me venait. Je lus, à mi-voix :

— « Les filles de mon pays n’ont ni bracelets ni diadèmes, mais leur doigt porte une bague d’argent, et sur le chaton est gravé le triangle de la déesse.

« Quand elles tournent la pointe en dehors, cela veut dire : Psyché à prendre. Quand elles tournent la pointe en dedans, cela veut dire : Psyché prise. »

Je m’arrêtai. Elle sourit.

— Et après ? demanda-t-elle.

— Après ? fis-je, embarrassé. Je crois que, dans ce poème, l’auteur s’est inspiré d’une coutume bretonne. En Bretagne. — où, exactement ? je l’oublie, — les jeunes filles portent une bague ornée d’un cœur. Quand la pointe est tournée en dehors, cela veut dire : Je suis libre. Quand la pointe est tournée en dedans, cela veut dire : Je suis fiancée. N’est-ce pas curieux ? N’est-ce pas joli ?

Elle sourit encore.

— Très joli, répondit-elle, et très curieux, en effet.

Puis, me montrant ses deux mains ouvertes, les doigts allongés, où les ongles menus brillèrent :