— Quoi encore ?
J’hésitais. En tâtonnant, j’avouai la nouvelle qui m’était arrivée de ma mère à l’hôpital de Bordeaux.
— Je ne peux plus compter sur elle, dis-je. Vous seriez seule, toute seule pour soigner l’infirme…
— Taisez-vous ! fit-elle avec ardeur. Ce que vous me dites, je le savais également.
— Vous le saviez ?
— Oui, par l’infirmière de Bordeaux, et que vous aviez refusé qu’on écrivît pour vous à votre mère, et que vous étiez très malheureux. Je savais tout, Pierre.
J’étais consterné. Mais elle :
— Eh bien ! qu’est-ce que vous attendez pour aller demander ma main à ma mère ? Faut-il que je la demande pour vous ? En voilà un fiancé ! Je lui ai déjà dit que je l’aime et il n’a même pas remarqué qu’il ne me l’a pas dit, lui, qu’il m’aime. Alors, quoi ? C’est le monde renversé ?
J’avais certainement l’air assez piteux.