—«Le duc des Normands est mon père, et la duchesse fut ma mère. Pendant dix-sept ans, elle pria Dieu de lui accorder la grâce d’un enfant. Sans doute ne sut-elle pas l’en prier avec assez de ferveur; elle n’obtint rien pendant dix-sept ans: voilà du moins ce que je puis dire. Elle en eut un si grand chagrin qu’elle fut assez imprudente pour douter de Dieu Notre Seigneur et assez téméraire pour croire que l’Autre l’exaucerait. Voilà du moins ce qu’elle m’a pu dire. Né d’une naissance si funeste, j’ai, depuis mon premier jour, résisté et bataillé contre Notre Seigneur Dieu en toutes circonstances et en tous endroits. Mon âme ne m’appartient plus, Seigneur, et je suis perdu sans rémission, si je ne reçois de vous le remède qu’il me faut.»
Puis, sans attendre, Robert confessa tous ses péchés, tous ses méfaits, et tous ses crimes. Mot à mot, il les exposa tout au long. Une telle honte l’accablait qu’il pleurait, tête basse, en les exposant, inquiet et craintif, et, de temps en temps, il regardait le Pape à la dérobée.
Le Pape écoutait.
Robert se tut.
Devant tant de péchés, tant de méfaits, et tant de crimes, le Pape hésitait. Il ne répondit d’abord pas.
La figure mouillée de larmes, les yeux brûlés, le cœur meurtri, Robert s’émut de ce silence.
Il s’écria de nouveau:
—«Pitié, Seigneur! Pitié!»
*
* *
Le Pape eut pitié.