Ainsi fut fait.

A mesure qu’on servait de la viande et du pain au limier, Robert lui sautait dessus en grimaçant, lui arrachait le morceau de la gueule, et le dévorait à belles dents. Et à chaque morceau, il manifestait son contentement avec force signes de joie vers l’Empereur.

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L’Empereur s’amusait fort du spectacle que lui offrait Robert. Toute l’assistance riait comme l’Empereur.

—«Jamais nous ne vîmes fol si fantaisiste!» disaient-ils.

Ils ajoutaient:

—«On ne devrait point maltraiter un fol si gentil.»

Et l’Empereur décida:

—«Je jure par ma barbe et ma tête que celui-là sera châtié qui le maltraitera. Tant que ce fol voudra demeurer à la Cour, j’interdis qu’on le touche. Il est venu à moi, je le protégerai. Et qu’il soit libre d’aller et venir à sa guise par le palais et par la ville! Telle est ma volonté.»

Cependant Robert s’était rassasié. Quand il n’eut plus faim, écoutez la troisième merveille que virent l’Empereur et tous les assistants.