Sans s’être arrêté, sans avoir ralenti, le Chevalier blanc arrive à la hauteur des premiers Romains qu’il avait devant lui, lesquels sont les derniers de l’arrière-garde de l’Empereur. Il les dépasse. Il dépasse les brigades romaines l’une après l’autre, et galope toujours fièrement vers les Turcs.
Tous les Romains le regardent passer du même regard. Tous se demandent quel est ce chevalier dont les armes resplendissent au soleil. Tous avouent qu’ils ne le reconnaissent pas. Tous cherchent à savoir avec quelle brigade il va combattre. Mais, quand ils voient qu’il galope droit vers les Turcs sans se soucier de se ranger dans aucune brigade, tous sont émerveillés.
—«Il va vers l’Empereur», disent-ils.
L’Empereur se tenait avec son avant-garde, qu’il commandait lui-même, pour mieux diriger le combat.
Mais le Chevalier passe à côté de l’Empereur sans s’arrêter et sans le saluer, et pousse vers l’endroit où les Turcs semblent le plus nombreux, le plus forts et le plus dangereux.
L’épervier, quand il vole une caille, n’a pas plus d’impétuosité que ce chevalier en quête de Sarrasins.
Maintenant c’est fait: voilà le Chevalier aux prises avec les Turcs.
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Au plus épais de la mêlée, il attaque les Turcs. Oh! il ne se ménage ni ne les ménage! A peine engagé, il en désarçonne un, en renverse deux à droite et à gauche, et en abat trois de trois coups directs. Dès sa première charge, le Chevalier blanc se signale férocement.
Hardi! il se pousse au milieu des Turcs, fonce, pique, abat, oblique à droite, oblique à gauche, frappe, frappe, et frappe. En fort peu de temps, il en a tué trente qui jamais plus ne se relèveront.