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Ainsi le champ de bataille appartenait aux Romains. Grande victoire! Rome était sauvée. Et, de surcroît, un riche butin récompensait les vainqueurs.
Alors, délivrés des Turcs, les Romains se ruèrent sur les tentes abandonnées avec plus d’enthousiasme qu’ils n’en avaient eu d’abord en allant à la rencontre des envahisseurs. Et l’espoir du butin promis les enivrait à ce point, que nul d’entre eux ne remarqua que le Chevalier Blanc avait disparu.
CHAPITRE CINQUIÈME
LE FOU ET LA FOLLE
A Rome, on avait déjà des nouvelles complètes de la bataille.
Dans le palais de l’Empereur, dames et damoiselles, passant de l’angoisse à la joie, se félicitaient de la défaite des Turcs, et ne causaient entre elles que du mystérieux chevalier à l’armure plus blanche que neige, auquel la victoire des Romains était due.
Toute la ville menait la même allégresse que le palais de l’Empereur. Ce n’étaient partout que cris, chansons, embrassades, commentaires, et par-dessus hommes et femmes, bourgeois et vilains, enfants et vieillards, les cloches déchaînaient leur vacarme du haut des clochers sonores.
Le peuple, ayant oublié ses craintes et sa terreur, se porta gaillardement au-devant des vainqueurs qui revenaient.