Ce fut par un lundi, dès la première clarté du jour, que les Turcs se mirent en marche vers Rome.

Leur armée s’avançait en bon ordre, précédée par une avant-garde hardie de leurs meilleurs guerriers, troupe intrépide, pressée d’en venir aux mains.

Des nuages de poussière, soulevée par leurs chevaux, annoncèrent à Rome leur approche.

—«Aux armes!» crièrent les guetteurs.

Comme l’année précédente, l’Empereur conduisit lui-même ses brigades dans la campagne. Les chevaux hennissaient. Les longues trompettes sonnaient. Les écus au soleil brillaient, et les pennons flottaient au vent. Et dans la ville, où l’on n’entendait plus de bruit, dames et demoiselles pleuraient pour leurs parents et leurs amis qui s’en allaient en grand péril de mort contre les Sarrasins, et priaient Dieu de susciter encore contre les maudits le merveilleux chevalier aux armes blanches.

Cela, tandis que la fille de l’Empereur, accoudée à sa fenêtre, suivait du regard les progrès des deux armées, et surtout attendait, avec plus de foi que quiconque, l’intervention opportune du Chevalier Blanc.

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Or écoutez-moi.

Je ne vous tairai pas plus longtemps que le miracle demandé par les Romains se produisit quand il fut nécessaire.

A l’instant même où les Romains faiblissaient devant les Turcs, le Chevalier aux armes blanches accourut au galop, la lance basse, vers le plus fort de la mêlée.