Il était temps. Déjà les Romains débordés reculaient, cédant le champ de bataille. Mais, quand ils aperçurent le Chevalier Blanc qui accourait, ils poussèrent de grands cris, et, reprenant courage, tinrent.

—«Tenez! Tenez!» criait l’Empereur tout réjoui. «Il vient, notre Sauveur, il vient! Tenez, Romains, tenez! Et en avant!»

Les Turcs avaient aperçu le Chevalier Blanc qui fonçait sur eux. A l’éclat de ses armes, à l’impétuosité de sa course, aux cris de joie poussés par les Romains, ils reconnurent l’étonnant démon qui avait dérouté leurs troupes l’année précédente. Ils avaient trop entendu parler de ses exploits. Ils savaient trop quel massacre de Turcs il avait fait à lui seul, et comment il maniait la lance et l’épée. Et si, avant de l’avoir vu, ils se l’imaginaient dangereux, ils comprirent, en le voyant, qu’ils l’avaient imaginé moins terrible. Tellement que plusieurs d’entre eux, saisis d’une crainte insurmontable, murmurèrent:

—«C’est le Saint Georges des Chrétiens.»

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Terrible, en effet, et comme une vraie tempête que rien n’arrêtera, tel le Chevalier Blanc se précipita, la lance basse, dans la mêlée.

Piquant, brochant, fonçant, frappant, renversant, tuant, droit devant lui il pénétrait dans les rangs épais des Turcs.

En moins de rien, la bataille se retourna contre les envahisseurs qui chantaient trop tôt victoire. Les Romains s’étaient ressaisis. Une affreuse confusion ébranlait l’avant-garde turque.

Par bonheur aussi, très rapidement, le Chevalier Blanc se trouva tout à coup en face du Grand Émir des Sarrasins.

Leur combat fut bref. Le Chevalier Blanc planta le fer de sa lance d’outre en outre dans la poitrine du Grand Émir. Le Grand Émir tomba, mort.