Ce seul succès, si tôt remporté, détermina sur-le-champ la panique chez l’ennemi. Le Grand Émir tombé, il ne resta plus devant le Chevalier Blanc qu’un troupeau de chiens en débandade.
Le Chevalier Blanc se lança vigoureusement à leur poursuite.
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Ils fuyaient, ils fuyaient, les Turcs! La peur les talonnait. En dépit de leur nombre, en dépit de leurs menaces, en dépit même de leur bravoure, qui n’est pas niable, ils abandonnaient le champ de bataille au Chevalier Blanc. Le Chevalier Blanc n’avait pas fait si bien de moitié, l’année précédente. Suivi, mais à distance, par les Romains, il pourchassait les fuyards. Ceux qu’il atteignait, il les désarçonnait, et passait, laissant aux Romains le soin de les achever, laissant aux Romains le soin de glaner sur ses traces.
Sans se regarder, les Sarrasins fuyaient, grands et petits, même les meilleurs, même les émirs, à qui mieux mieux, vers la côte, vers les tentes, vers la mer, vers la flotte. Ceux qui tombaient étaient sûrs de mourir. Tous n’avaient plus qu’un but, qu’une envie, qu’une volonté: gagner les vaisseaux, fuir, fuir à jamais ce maudit territoire romain.
Comme l’année précédente, ce fut l’abandon du train de combat, du campement, de toutes les richesses enfermées dans les tentes, ce fut la course à la mer, la ruée vers les vaisseaux, et ce fut pour la plupart la noyade dans les conditions les plus atroces.
Comme l’année précédente, mais avec moins de difficultés encore, bien que le nombre des ennemis fût deux fois plus élevé, les Romains demeuraient maîtres du champ de bataille.
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Cette fois, l’Empereur victorieux ne permit point que le Chevalier Blanc lui échappât.
A peine assuré de la déroute complète des Turcs, il s’écriait: