—«Celui qui nous a sauvés comme l’année dernière, qu’on me l’amène vite! Je le veux pour ami devant vous tous.»

Mais, malgré toute sa hâte et toute sa bonne intention, l’excellent Empereur fut encore trahi. Le Chevalier Blanc n’avait pas attendu, pour s’en retourner, que la bataille fût définitivement acquise. On eut beau le chercher partout, on ne le trouva point.

—«Il ne s’est pourtant pas envolé!» dirent plusieurs barons.

L’Empereur était fort mécontent.

—«Certes non, il ne s’est pas envolé!» dit un chevalier. «Nous l’avons vu, il n’y a guère, qui s’en allait vers la ville, tout comme un quelconque chevalier de chair et d’os, tel que moi.»

—«Je l’ai bien vu aussi», dit un autre. «Il passait le long du boqueteau, là-bas, Sire.»

—«C’est donc qu’il ne veut pas que nous le revoyions!» conclut l’Empereur attristé. «Et nous ne le reverrons que quand il lui plaira de venir à nous. Fasse le ciel que ce soit bientôt! Mais vous, barons, mes preux, mes chevaliers, je vous invite à ma table aujourd’hui pour célébrer notre victoire.»

Et les vainqueurs reprirent le chemin de Rome où ils rentrèrent triomphalement, aux acclamations du peuple, au bruit des cloches et des musiques, comme l’année précédente.

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Comme l’année précédente, il y eut un magnifique festin au palais de l’Empereur.