Les barons étaient inquiets.
—«N’ayez crainte», dit l’Empereur. «S’il a pris par le boqueteau que vous savez, nous le verrons. Les chevaliers que j’y ai embusqués lui ont sûrement coupé la retraite, et ils me l’amèneront.»
Or, soudain, un baron s’écria:
—«Les voici qui s’en viennent.»
—«Mais comme ils viennent lentement!» fit un autre.
—«Ils baissent la tête, voyez!» dit un troisième.
L’Empereur s’était élancé vers eux.
—«Où est le Chevalier Blanc?» leur cria-t-il de loin.
L’un d’eux répondit:
—«Sire, nous ne l’avons pas. Nous le poursuivîmes à l’envi tant que nous pûmes, mais nous y dûmes tous renoncer, sauf celui-là, Sire, dont vous voyez la lance brisée et sanglante. Il l’atteignit, celui-là, oui, nous pouvons l’affirmer. Et il allait tuer son cheval, pour le saisir démonté; mais, le malheur aidant, il manqua le cheval et toucha l’homme à la cuisse. Dieu permette que la blessure soit guérissable! L’inconnu s’est échappé, emportant dans sa cuisse le fer de la lance. Et le chevalier que voilà se désespère du coup qu’il lui porta. Regardez, Sire, comme le bois de sa lance est sanglant!»