—«Il l’aura donc», dit l’Empereur. «Je lui donnerai ma fille jolie sans plus attendre, et, avant qu’il nous quitte, je lui mettrai la couronne au front.»

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Sur ce, l’Empereur se lève, fait un pas en avant, et, s’adressant au Chevalier que soutiennent toujours les deux barons, il lui dit:

—«Cher beau Seigneur, qui allez devenir maître de Rome et de l’Empire, il me reste à savoir de vous le principal. Qui êtes-vous? Et comment vous appelle-t-on? Ne nous le cachez pas davantage. Je veux savoir d’où vous êtes et à qui nous devons notre salut.»

Et le Chevalier Blanc répond:

—«Sire, je ne suis pas un étranger dans ce pays. J’ignore l’art de servir un maître en le flattant, mais je vous ai servi longtemps, et de telle manière que j’ai fini par mériter votre amitié. Qui je suis? Je suis votre Sénéchal. Vous pensiez que je vous combattais, et j’ai réparé tous les dommages que Rome a subis. Sire, si vous fûtes parfois dur pour votre serviteur, je ne m’en suis jamais offensé.»

L’Empereur en croit mal ses oreilles.

—«Quoi!» dit-il, «le Sénéchal? Vous êtes mon Sénéchal?»

—«Je le suis, Sire.»

—«Dieu!» s’écrie l’Empereur. «Qui jamais entendit semblable merveille? Oh! je vois bien que Dieu me protège et me veut élever.»