Là-dessus, sans rien dire de plus, il court vers le Sénéchal, l’enlace étroitement de ses deux bras, et l’accole, et le baise de tout son cœur.

—«Dieu! comme je suis heureux!» s’écrie-t-il. «De quoi pourrais-je me plaindre, lorsque j’ai tout ce que je souhaitais, et même plus? Voilà un homme que nous regardions comme un ennemi, et il nous secourait chaque année, et il combattait nos ennemis avec nous! Et Dieu veut à présent que cet homme-là soit le seigneur de Rome! N’est-ce pas merveille? Souvent, on avait essayé de nous réconcilier. Mes barons insistèrent à maintes reprises auprès de moi. Mais toujours j’avais le cœur de refuser ma fille à celui qui ne demandait qu’elle. Maintenant, tout est conclu. J’en ai fait la promesse devant Dieu. Rome entière garantit à son sauveur que je tiendrai ma promesse. Et je la tiendrai avec joie. Cet homme aura tout, puisque Dieu le lui donne, tout, ma fille, empire et couronne.»

C’en est trop. Le Sénéchal, confus, se jette aux pieds de l’Empereur. Mais l’Empereur s’empresse de le relever.

—«Venez», dit-il, «que je vous mène à ma fille.»

Et toute l’assistance est bouleversée d’émotion.

CHAPITRE DIXIÈME
LA COURONNE DE ROBERT