Alors le Pape dit à Robert:
—«Mon frère, ne nous gardez pas rancune. Je vous en conjure, au nom du Roi de gloire, contez-nous qui vous êtes.»
Mais Robert ne répond rien au Pape.
Le Pape perd contenance. Toutefois, subitement, il se rappelle qu’il avait mandé par bonheur à l’assemblée l’ermite de la forêt de Marabonde, le saint ermite qui a la réputation d’être écouté du ciel et souvent exaucé. Et il demande à l’ermite d’intervenir.
Alors l’ermite dit à Robert:
—«Ami, de par Dieu, je vous prie de nous dire qui vous êtes, pour peu que vous désiriez recevoir ma bénédiction.»
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* *
Or,—vous en souvient-il?—c’était ce saint ermite qui avait imposé à Robert sa triple pénitence, et c’était lui seul qui pouvait lever l’interdiction qui pesait sur Robert depuis dix ans.
Robert avait reconnu l’ermite. Il lui répondit donc:
—«Seigneur, vous m’ordonnez de parler, je parlerai, sans vous celer rien. Je vous dois la vérité, je vais vous la dire toute. Je suis né en Normandie. Celui qui en était duc fut mon père, et la duchesse fut ma mère. Le comte de Poitiers est mon aïeul, je peux le déclarer hautement. Mais je suis né, malheureux, voué au Méchant par l’imprudence de ma mère. Dans ma jeunesse, j’ai commis maintes actions infâmes et plus d’un crime, dont j’ai fait ici pénitence pendant dix ans, selon ce que vous-même, Seigneur, m’aviez enjoint. A présent, vous savez tout de moi. Il suffit que j’ajoute mon nom: je m’appelle Robert.