—Tu t’en iras.
J’ouvrais la bouche.
—Mais non, mon Mien, tu t’en iras. Tu ne supporteras pas, pendant dix ans, de mener la vie misérable que nous menons. Tu te lasseras, tu t’en iras, tu m’abandonneras.
—Mienne...
—Écoute. Je ne t’ai jamais rien demandé. Ou plutôt tu n’as jamais compris que je voulais de toi quelque chose. Aujourd’hui, aujourd’hui que nous nous aimons pour la dernière fois dans notre chez-nous, il faut que je te dise ce que je veux. Et il faut que tu me l’accordes.
—Parle, Mienne, je suis prêt.
—Jure d’abord que tu ne me refuseras pas.
—Parle, Mienne, je ne refuserai pas.
—Eh bien, je veux...
Elle était dans mes bras, la tête posée contre mon épaule, à sa place préférée. Et elle me dit tout bas ce qu’elle voulait. Et elle ajouta, prompte: