—Ne réplique pas que je veux donc éloigner davantage le moment où je pourrai me rendre libre. Je suis sûre que je ne te garderai pas si longtemps. Et je serai sûre au moins d’avoir de toi un souvenir que tu ne pourras pas m’enlever.

—Mienne! Mienne!

—Quelle joie pour moi! dis, mon Mien, dis, tu veux? tu veux?

J’abrège.

—Je veux que ce soit une fille, dit-elle quand elle n’eut plus rien à vouloir, et je veux qu’elle te ressemble.

—Mienne...

—Tout me sera tellement égal, quand tu m’auras abandonnée!

—Mienne...

—Ose prétendre qu’elle n’est pas tienne, ta Tienne, ose! dit-elle enfin.

Mais je m’arrête là. Le cœur me saute dans la poitrine. Mes paupières sont brûlantes. Si je n’ai pas connu le bonheur d’aimer, je ne le connaîtrai jamais.