Peu à peu, elle résista de moins en moins au rythme de la danse. Elle sourit. Le médecin, excellent danseur comme tous les médiocres, la serrait contre lui. Je voyais le sein gauche de mon amie s’aplatir sur le veston, leurs jambes emmêlées, emboîtées, mariées, et leurs têtes proches à se toucher.

Mon cœur battait violemment. Jamais je n’avais vu danser mon amie. Je ne savais pas encore de quelle façon elle dansait.

Quand elle revint vers son beau-frère et vers moi, j’étais penché sur un journal que je ne me décidais pas à quitter du regard.


SI je dormis cette nuit-là, je ne le dirai point. Au matin, je sortis de ma chambre d’assez bonne heure et, après une promenade au fond du parc, je me réfugiai dans mon atelier.

—Déjà au travail? me demanda le beau-frère, qui passait devant ma porte au moment que je l’ouvrais.

—Oh! répondis-je, travail ou cigarettes.

—Cafard?

—Plus ou moins.

—Venez donc avec moi. Vous n’avez pas encore vu toutes les vieilles maisons d’Argenton. Il y en a de charmantes au bord de l’eau.