Un jour, une quinzaine de jours après qu’il m’eut annoncé la mort de mon amie, le beau-frère se présenta chez moi. J’étais dans mon atelier, travaillant sans enthousiasme à des dessins commandés. Je le reçus comme un ami qu’on n’a pas revu depuis plusieurs années.

Je n’avais plus aucune rancune contre lui, et lui, de son côté, se montra moins guindé que naguère. Nous nous tenions les mains longuement.

—Cher ami...

—Oui, dit-il, nous pensions que vous deviez avoir du chagrin.

Il s’arrêta.

—Alors je suis venu, dit-il.

Il s’assit sur le divan que je débarrassais des cartons qui l’encombraient.

—C’est affreux, n’est-ce pas? fit-il. Mourir ainsi, à son âge! Elle n’avait pas vingt-cinq ans. Vous ne trouvez pas que la mort des êtres jeunes, en pleine santé, a quelque chose de bête qui révolte?

—Votre billet m’a déconcerté, répondis-je. Je ne pouvais pas comprendre.

—Ç’a été si rapide! Figurez-vous...