Puis, sans en avoir l’air, mais pour me faire entendre évidemment qu’elle n’était pas prête à se jeter dans mes bras en dépit de ses promesses:

—Soyez, par exemple, ajouta-t-elle, au pied du château vers deux heures. Je serais si contente de me promener avec vous dans la campagne, et de la voir sous l’aspect qu’elle a pour vous!

Là-dessus, prompte, elle me tendit encore la main:

—Vous m’aimez? dit-elle.

Je lui serrai les doigts.

—Et vous m’aimerez?

—Aussi longtemps que vous me le permettrez.

Elle se dérobait. Je la suivis du regard. Elle se retourna, me fit un petit signe, s’éloigna, disparut. Je sentais encore à mes lèvres le frémissement de ses doigts. J’étais en même temps joyeux et désolé. J’aurais voulu la garder près de moi, l’emporter au bout du monde, la rendre heureuse et qu’elle le déclarât sans arrière-pensée, l’avoir à moi pour lui tisser des jours de tendresse. Elle s’éclipsait de nouveau.

Je me répétai sa phrase:

—«Je serai vôtre, mais non point tant qu’il vous plaira ni qu’il me plaira.»