—Il faut m’aimer, reprit-elle.
Puis:
—Il faut surtout que tu saches une chose. C’est que, malgré les apparences qui me feraient condamner par n’importe qui, car enfin, même si tu ne t’en es pas aperçu, je n’ai rien négligé pour que tu juges mal de moi...
Je protestai.
—Non, dit-elle. Je sais ce que j’ai fait. Et je ne le regrette pas. Mais, et crois-le si tu veux, ou ne le crois pas, sache que je n’ai jamais eu d’amant.
Je l’adjurai de ne pas continuer. Elle me mit sa main sur la bouche.
—Sache, dit-elle, que je n’ai jamais aimé que toi.
Je ne pouvais que m’enorgueillir d’un aveu si flatteur. J’éprouvai que ma gorge se serrait.
Pour dérober mon émotion, je me penchai sur les mains de mon amie et les couvris de baisers. Je songeais, hélas, à la scène de la veille, et que j’avais eu un instant de dégoût sur ce lit où, la nuit précédente, elle n’avait pas couché seule.
Elle ne me laissa pas le temps de douter.