—Vous voyez, cher ami, me dit-elle, combien en ne venant pas vous auriez déçu vos admiratrices.
D’un geste de sa main, qui traça devant elle un arc de cercle et qui me fut comme une caresse, elle attirait autant sur elle que sur moi l’hommage des sept ou huit jeunes femmes présentes. J’allais balbutier une protestation.
—Merci pour les admirateurs! s’écria le beau-frère qui s’approchait.
—Oh! Monsieur, lui répliquai-je, voudriez-vous me laisser croire que je n’étais pas un inconnu pour vous, ce matin?
—Mais oui, cher Monsieur, mais oui. Demandez donc à ma belle-sœur. Est-ce que je ne vous ai pas suppliée d’aller hier au Salon avec moi, ma chère petite belle-sœur? Et pour y voir quoi, s’il vous plaît?
Je rougis. La veille, mon amie ne m’avait point dit qu’elle eût été au Salon. Je la regardai. Elle regardait son beau-frère.
—Ajoutez, lui dit-elle, que mon mari s’était joint à vous.
Puis, me regardant enfin:
—Vous êtes, cher ami, je vous le répète, d’une modestie exagérée.
—A ce point-là, dit le beau-frère, la modestie est un défaut, ou un vice. Sérieusement, cher Monsieur, votre œuvre est admirable. Je n’entends rien à la sculpture, je m’empresse de ne pas vous le dissimuler, mais...