—Ah! Ah!

Derrière elle, un violent ricanement retentissait.

Elle se retourna.

Sur le seuil de la maison voisine, la mère Chateplue, la matrone aux mamelles flasques, regardait la mère Trébuc d’un air insolent. Elle ricanait. Sa monstrueuse poitrine en était secouée dans tous les sens.

—Ah! ah!

La mère Trébuc rentra chez elle précipitamment.

Les coudes sur la table et les mains au visage, elle sanglotait encore quand, dix minutes plus tard, à l’heure du déjeuner, survint le père Trébuc, qui avait les yeux humides.

XLI

QUE ce fût parce que le goût lui manquait de faire de bonne cuisine après un coup si rude, ou par calcul de ménagère qui dans la pire détresse ne doit pas se permettre de négliger les intérêts du ménage, la mère Trébuc avait été bien avisée, en restreignant, depuis le départ de Mousseline, les dépenses journalières. A la fin du mois d’avril, elle constata que désormais elle ne pourrait plus mijoter de ces petits plats dont le père Trébuc aimait à humer le parfum, et que Mousseline déclarait chaque fois meilleurs que la fois précédente.

A la vérité, le père et la mère Trébuc souffraient trop du départ et de la faute de leur fille chérie, pour qu’un regret d’ordre matériel ajoutât vilainement à leur regret. Non. Dans ces difficultés que leur créa le problème de la vie chère, ils trouvèrent plutôt un sujet de plaintes qui les détournait de leur constant souci, en éludant les silences chargés d’angoisse des premiers jours qui suivirent le départ de Mousseline.