Tous les jours, quand elle montait au sixième pour mettre de l’ordre dans la chambre de sa fille, la mère Trébuc frappait à la porte de madame Loissel. Elle s’offrait. Il était rare que madame Loissel refusât de lui laisser faire son marché: la mère Trébuc s’offrait avec trop d’obligeance à la fois et de discrétion.

La mère Trébuc avait-elle une arrière-pensée et peut-être, par avance, de la gratitude? Elle n’oubliait pas, bien qu’elle ne s’en ouvrît à personne et surtout pas à sa Mousseline, que madame Loissel lui avait dit, un jour:

—Votre fille, Madame Trébuc, est une perle. Elle mérite de trouver un bon mari. Et elle le trouvera, car elle le mérite.

La mère Trébuc avait rougi de plaisir. Madame Loissel avait ajouté:

—Savez-vous le mari qu’il lui faudrait? Il lui faudrait Monsieur Daix.

—Monsieur Daix!

C’était le mutilé du cinquième, un garçon timide et modeste, sans famille, mais d’une situation trop haute pour qu’il épousât la fille d’une concierge et d’un gardien de square.

La mère Trébuc s’était récriée.

—Et pourquoi donc? avait riposté madame Loissel. Il est employé de banque? Mais votre fille est Mademoiselle Trébuc, dactylographe.

La mère Trébuc avait encore protesté, mais plus mollement.